Un événement indésirable associé aux soins (EIAS) est un incident qui survient lors d’une prise en charge et qui a eu, ou aurait pu avoir, des conséquences pour le patient. Un incident rattrapé avant d’atteindre le patient est appelé presque accident (ou événement porteur de risque).
Un événement indésirable grave associé aux soins (EIGS) a pour conséquence le décès, la mise en jeu du pronostic vital ou un déficit fonctionnel permanent probable. Il doit être déclaré à l’ARS, puis analysé.
Les never events sont des événements qui ne devraient jamais arriver : erreur de site opératoire, administration de KCl concentré en IV directe, erreur de patient lors d’une transfusion…
La pyramide de Bird rappelle que pour un accident grave surviennent de très nombreux incidents mineurs : les déclarer permet de prévenir les accidents graves.
Analyse des causes
Le modèle de Reason (« fromage suisse ») : un accident survient quand les failles de plusieurs barrières de défense s’alignent. On distingue :
les erreurs actives, commises par les professionnels au contact du patient ;
les défaillances latentes, liées à l’organisation, au matériel, à la formation, aux effectifs.
L’objectif est de comprendre, pas de chercher un coupable : c’est la culture positive de l’erreur (ou culture juste).
Outils : RMM (revue de morbi-mortalité), CREX (comité de retour d’expérience), méthode ALARM (analyse systémique des facteurs liés au patient, aux tâches, à l’individu, à l’équipe, à l’environnement, à l’organisation, au contexte institutionnel), arbre des causes.
Identitovigilance
L’identification fiable du patient est le premier maillon de la sécurité des soins. Les traits stricts de l’identité sont : nom de naissance, premier prénom de naissance, date de naissance, sexe, lieu de naissance (code INSEE). L’INS (identité nationale de santé) est l’identifiant de référence.
Vérification active : faire décliner l’identité au patient (« Pouvez-vous me dire votre nom et votre date de naissance ? ») plutôt que de lui demander de confirmer.
Bracelet d’identification, concordance avec la prescription, les étiquettes et les produits.
Vigilance renforcée pour les homonymes, les patients non communicants et les transferts.
Les vigilances sanitaires et la iatrogénie
Vigilance
Objet
Pharmacovigilance
Effets indésirables des médicaments
Hémovigilance
Produits sanguins labiles, de la collecte au receveur
Matériovigilance
Dispositifs médicaux
Réactovigilance
Dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (réactifs)
Biovigilance
Organes, tissus, cellules
Infectiovigilance
Infections associées aux soins
Identitovigilance
Identification des patients
La iatrogénie médicamenteuse touche surtout les personnes âgées polymédiquées. Prévention : règle des 5 B, double vérification des médicaments à risque, conciliation médicamenteuse à l’entrée et à la sortie, pas d’interruption pendant la préparation.
La check-list « sécurité du patient au bloc opératoire » de la HAS se réalise en trois temps : avant l’induction, avant l’incision, avant la sortie de salle.
Qualité et certification
La certification des établissements de santé est menée par la HAS tous les 4 ans. Elle évalue la qualité et la sécurité des soins à partir de critères et de méthodes de terrain, dont le patient traceur (suivi du parcours d’un patient) et le traceur ciblé.
La démarche qualité suit la roue de Deming (PDCA) : Plan (planifier), Do (réaliser), Check (évaluer), Act (réajuster).
Les indicateurs de qualité et de sécurité des soins (IQSS) sont publiés et accessibles au public.