Les cancers sont nommés selon le tissu d’origine : carcinome (épithélium, environ 90 % des cancers ; adénocarcinome s’il est glandulaire), sarcome (tissu conjonctif), lymphome, leucémie.
La cancérogenèse se déroule en trois étapes : initiation, promotion, progression. Principaux facteurs de risque évitables : tabac (première cause), alcool, alimentation et surpoids, UV, certains virus (HPV, hépatites B et C).
La classification TNM décrit l’extension : T taille de la tumeur, N atteinte des ganglions, M métastases à distance.
Dépistage, diagnostic et annonce
Dépistages organisés en France :
Sein : femmes de 50 à 74 ans, mammographie (avec examen clinique) tous les 2 ans.
Côlon-rectum : femmes et hommes de 50 à 74 ans, test immunologique de recherche de sang dans les selles tous les 2 ans.
Col de l’utérus : de 25 à 29 ans, examen cytologique (deux à un an d’intervalle puis tous les 3 ans) ; de 30 à 65 ans, test HPV tous les 5 ans.
Le diagnostic de certitude d’un cancer est anatomopathologique (biopsie). Les marqueurs tumoraux servent surtout au suivi.
Le dispositif d’annonce (Plan cancer 2003) comprend un temps médical, un temps d’accompagnement soignant (souvent infirmier) pour reformuler et informer, l’accès aux soins de support et le lien avec le médecin traitant. Les décisions thérapeutiques sont prises en RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire).
Neutropénie fébrile : fièvre chez un patient neutropénique, urgence : alerte, hémocultures, antibiothérapie probabiliste sans délai.
Nausées et vomissements (antiémétiques préventifs), mucite (bains de bouche, alimentation adaptée), alopécie, asthénie, diarrhées, neuropathies (l’oxaliplatine provoque une sensibilité au froid).
Extravasation : arrêter immédiatement la perfusion, laisser l’aiguille en place et aspirer, prévenir le médecin, appliquer le protocole du service (froid ou chaud selon le produit, antidote éventuel), délimiter la zone et tracer.
Chambre implantable : pose de l’aiguille de Huber en asepsie stricte, vérification du reflux sanguin avant toute injection, rinçage pulsé.
Manipulation des cytotoxiques : gants, protection, élimination dans la filière spécifique, excreta à risque pendant plusieurs jours.
Radiothérapie et autres traitements
Radiothérapie : traitement local par rayonnements ionisants. Effets locaux selon la zone (radiodermite, mucite, diarrhée, cystite) et fatigue. Conseils : hydrater la peau avec les produits prescrits, éviter les produits parfumés ou alcoolisés, ne pas exposer la zone au soleil, porter des vêtements amples en coton, ne pas effacer les repères cutanés.
Autres traitements : chirurgie, hormonothérapie (cancers hormonodépendants du sein ou de la prostate), thérapies ciblées, immunothérapie (effets indésirables de type auto-immun : colite, thyroïdite, pneumopathie).
Soins palliatifs et fin de vie
Les soins palliatifs sont des soins actifs et continus, en équipe, qui visent à soulager la douleur et les autres symptômes, à préserver la qualité de vie et à accompagner la personne et ses proches.
Cadre légal : loi Leonetti (2005) puis loi Claeys-Leonetti (2016) :
refus de l’obstination déraisonnable ;
directives anticipées : écrites, révisables, sans limite de durée, elles s’imposent au médecin sauf urgence vitale ou si elles sont manifestement inappropriées ;
personne de confiance désignée par écrit ;
droit à une sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès dans des conditions définies (souffrance réfractaire, pronostic vital engagé à court terme).
Symptômes à soulager : douleur, dyspnée, encombrement, nausées, anxiété, sécheresse buccale (soins de bouche réguliers).
Hémopathies malignes
Leucémies aiguës : envahissement de la moelle par des cellules immatures (blastes). Tableau d’insuffisance médullaire : anémie (fatigue, pâleur, dyspnée), neutropénie (infections), thrombopénie (hémorragies, purpura). Diagnostic par myélogramme.
Lymphomes (hodgkiniens et non hodgkiniens) : adénopathies indolores, parfois signes généraux : fièvre prolongée, sueurs nocturnes, amaigrissement de plus de 10 %. Diagnostic par biopsie ganglionnaire.
Les patients en aplasie peuvent nécessiter un isolement protecteur : hygiène des mains renforcée, limitation des visites, alimentation adaptée, surveillance de la température.
Urgences en cancérologie
Neutropénie fébrile : fièvre chez un patient avec PNN < 0,5 G/L. Hémocultures et antibiothérapie sans délai.
Compression médullaire (métastases vertébrales) : douleurs rachidiennes, déficit moteur ou sensitif des membres inférieurs, troubles sphinctériens. IRM et traitement en urgence pour préserver la marche.
Hypercalcémie : soif, polyurie, nausées, constipation, confusion, troubles du rythme. Réhydratation et traitement sur prescription.
Syndrome cave supérieur : œdème du visage et du cou en pèlerine, circulation veineuse collatérale thoracique, dyspnée.
Syndrome de lyse tumorale après traitement d’une tumeur très proliférative : hyperkaliémie, hyperuricémie, hyperphosphorémie, insuffisance rénale. Prévention par hydratation abondante.
Douleur et nutrition en cancérologie
Douleur cancéreuse : souvent mixte (nociceptive et neuropathique). Les opioïdes forts se donnent en traitement de fond à heures fixes, avec des interdoses de libération immédiate pour les accès douloureux (environ 1/10 à 1/6 de la dose quotidienne). Un recours fréquent aux interdoses signale qu’il faut réadapter le fond. Laxatif systématique.
Dénutrition (critères HAS 2019 chez l’adulte de moins de 70 ans) : au moins un critère phénotypique (perte de poids ≥ 5 % en 1 mois ou ≥ 10 % en 6 mois, IMC < 18,5, réduction de la masse musculaire) associé à au moins un critère étiologique (baisse des apports, maladie agressive). Elle aggrave la tolérance des traitements : pesée régulière, enrichissement de l’alimentation, compléments, nutrition entérale si besoin.