Révisions IFSIpour les étudiants en soins infirmiers

Référentiel 2009 · S2 · UE 2.3

Santé, maladie, handicap, accidents de la vie

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Santé et maladie

La constitution de l’OMS (1946) définit la santé comme un état de bien-être complet, à la fois physique, mental et social, qui ne se réduit pas à l’absence de maladie ou d’infirmité. Cette définition, souvent critiquée pour son idéalisme, a le mérite d’intégrer la dimension subjective et sociale.

La maladie peut se lire sous trois angles (distinction anglo-saxonne) : disease (la maladie objectivée par le médecin), illness (la maladie vécue par la personne), sickness (le statut social de malade).

Déterminants de santé : le rapport Lalonde (Canada, 1974) en distingue quatre familles : biologie humaine, environnement, habitudes de vie, organisation des soins. Le modèle de Dahlgren et Whitehead les représente en couches concentriques, de l’individu aux conditions socio-économiques générales.

Handicap

La loi du 11 février 2005 définit le handicap comme une limitation d’activité ou une restriction de participation à la vie en société, subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions (physique, sensorielle, mentale, cognitive, psychique), d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant.

  • Modèle de Wood (1980) : déficience → incapacité → désavantage. Modèle linéaire, centré sur la personne.
  • CIF (OMS, 2001) : interaction entre fonctions et structures corporelles, activités, participation, facteurs environnementaux et personnels. Le handicap n’est plus une caractéristique de la personne seule.

Dispositifs : la MDPH (guichet unique), l’AAH (allocation aux adultes handicapés), la PCH (prestation de compensation du handicap), la RQTH.

Douleur

L’IASP définit la douleur comme une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée ou ressemblant à celle associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle. La douleur est donc toujours subjective : c’est ce que le patient en dit.

  • Aiguë : signal d’alarme, d’évolution brève. Chronique : persiste au-delà de 3 mois, retentit sur la vie quotidienne.
  • Mécanismes : nociceptive (excès de stimulation), neuropathique (lésion du système nerveux : brûlures, décharges électriques, fourmillements ; dépistage par le DN4, positif si ≥ 4/10), nociplastique, composante psychogène.

Évaluation :

  • Auto-évaluation (patient communicant) : EVA (réglette 0–10 cm), EN (0 à 10), EVS (verbale simple), échelle des visages chez l’enfant à partir de 4 ans.
  • Hétéro-évaluation (patient non communicant) : Algoplus (douleur aiguë de la personne âgée, positif si ≥ 2/5), Doloplus, ECPA, FLACC (enfant), EDIN (nouveau-né).

Stress, adaptation et deuil

Hans Selye décrit le syndrome général d’adaptation en trois phases : alarme, résistance, épuisement.

Le coping (Lazarus et Folkman) désigne les stratégies pour faire face : centré sur le problème (chercher des solutions) ou centré sur l’émotion (gérer le ressenti). Les mécanismes de défense (déni, projection, régression, sublimation…) sont, eux, inconscients.

Élisabeth Kübler-Ross décrit les étapes du deuil face à la perte : déni, colère, marchandage, dépression, acceptation. Ces étapes ne sont ni obligatoires ni linéaires ; elles servent de repère pour accompagner, pas de grille à imposer.

Vieillissement, dépendance, accidents de la vie

Le vieillissement s’accompagne d’une diminution de l’eau totale, de la masse musculaire (sarcopénie), de la fonction rénale, de la sensation de soif, de l’acuité sensorielle (presbyopie, presbyacousie). D’où un risque accru de déshydratation, de chutes et d’iatrogénie médicamenteuse.

Chute de la personne âgée : facteurs intrinsèques (troubles de l’équilibre, médicaments, hypotension orthostatique) et extrinsèques (sol, éclairage, chaussage). Complication redoutée : le syndrome post-chute (peur de tomber, rétropulsion, perte d’autonomie). Rester au sol plus d’une heure est un signe de gravité (rhabdomyolyse, escarres, hypothermie).

La grille AGGIR classe la perte d’autonomie en 6 groupes : GIR 1 = dépendance la plus lourde, GIR 6 = autonomie. Les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’APA (allocation personnalisée d’autonomie).