Identitovigilance d’abord : vérification active de l’identité (le patient décline nom, prénom, date de naissance), concordance avec le bracelet, la prescription et les étiquettes, étiquetage au lit du patient.
Ordre de remplissage des tubes recommandé (les couleurs de bouchon peuvent varier selon le fabricant) :
Hémocultures
Citrate (bouchon bleu) : hémostase. À remplir jusqu’au trait ; avec une unité à ailettes, prélever d’abord un tube de purge pour chasser l’air de la tubulure.
Tube sec, avec ou sans gel (rouge, jaune) : sérologies, biochimie
Héparine (vert) : biochimie
EDTA (violet) : numération formule sanguine, groupage
Fluorure (gris) : glycémie, lactates
Garrot posé moins d’une minute, homogénéisation douce des tubes par retournements, acheminement rapide au laboratoire avec le bon de demande.
Hémocultures, gaz du sang, ECBU
Hémocultures : avant toute antibiothérapie, idéalement lors d’un pic fébrile ou de frissons. Antisepsie cutanée rigoureuse et désinfection des opercules. Les recommandations actuelles privilégient chez l’adulte un prélèvement unique de 4 à 6 flacons (40 à 60 mL au total), en remplissant correctement chaque flacon (8 à 10 mL). Avec une unité à ailettes, le flacon aérobie se remplit en premier.
Gaz du sang artériel (le plus souvent artère radiale, acte réalisé sur prescription) : test d’Allen pour vérifier la circulation collatérale, seringue héparinée, chasser les bulles d’air, compression d’au moins 5 minutes (davantage sous anticoagulant), analyse rapide. Noter la FiO₂ ou le débit d’oxygène.
ECBU : toilette soigneuse, recueil du milieu de jet dans un flacon stérile, acheminement rapide (sinon conservation à +4 °C). Chez un patient sondé : prélèvement au site de ponction de la sonde après désinfection, jamais dans le sac collecteur ni par déconnexion du système clos.
Électrocardiogramme
Patient allongé, détendu, torse découvert, peau propre et sèche, pas de contact avec les barres du lit.
Électrodes des membres (code couleur européen) : rouge bras droit, jaune bras gauche, vert jambe gauche, noir jambe droite.
Électrodes précordiales :
V1 : 4e espace intercostal, bord droit du sternum.
V2 : 4e espace intercostal, bord gauche du sternum.
V3 : à mi-distance entre V2 et V4.
V4 : 5e espace intercostal gauche, ligne médio-claviculaire.
V5 : même horizontale que V4, ligne axillaire antérieure.
V6 : même horizontale, ligne axillaire moyenne.
Dans un syndrome coronarien, on réalise souvent un ECG 18 dérivations (ajout de V7, V8, V9 en postérieur et V3R, V4R à droite). L’ECG se lit et s’interprète par le médecin ; l’infirmier transmet immédiatement un tracé réalisé pour une douleur thoracique.
Injections et voie veineuse périphérique
Sous-cutanée : abdomen (à distance de l’ombilic), face externe des cuisses et des bras. Rotation des sites. Pour les HBPM en seringue préremplie : ne pas purger la bulle d’air, injecter dans un pli cutané maintenu pendant toute l’injection, ne pas frotter.
Intramusculaire : site ventro-fessier (de référence) ou quadrant supéro-externe de la fesse, deltoïde pour les petits volumes (≤ 2 mL, vaccins). Angle de 90°. Contre-indiquée en cas de troubles de la coagulation ou sous anticoagulant à dose curative.
Intradermique : IDR à la tuberculine, lecture à 72 h.
Cathéter veineux périphérique : poser du distal vers le proximal, de préférence sur le membre non dominant, jamais sur le bras d’une fistule ou du côté d’un curage ganglionnaire. Pansement transparent stérile, date de pose tracée. Réévaluer chaque jour l’indication ; ne pas le changer systématiquement avant 96 h, mais le retirer dès qu’il n’est plus utile ou au moindre signe de complication. Changer les tubulures au plus tard tous les 4 jours, et après chaque poche de produit sanguin ou d’émulsion lipidique.
Signes de veinite : douleur, rougeur, chaleur, induration, cordon veineux palpable. Conduite : retrait du cathéter, surveillance, traçabilité.
Transfusion sanguine
Produits sanguins labiles : concentrés de globules rouges (CGR), concentrés plaquettaires, plasma. Prérequis : deux déterminations de groupe sanguin et une recherche d’anticorps irréguliers (RAI) valide.
Contrôle ultime prétransfusionnel au lit du patient, pour chaque poche, par la personne qui transfuse :
Contrôle de concordance : identité du patient, prescription, carte de groupe, fiche de délivrance et étiquette de la poche.
Contrôle de compatibilité ABO pour les CGR, avec la carte de contrôle (sang du patient et sang de la poche).
Un CGR se transfuse au plus tard 6 heures après sa réception dans le service. Débuter lentement et rester auprès du patient les 15 premières minutes. Constantes avant, au début, pendant et à la fin.
Signes d’alerte : frissons, fièvre, douleurs lombaires, malaise, hypotension, urticaire, dyspnée. Conduite : arrêter la transfusion, garder la voie veineuse avec du NaCl 0,9 %, alerter le médecin, surveiller, conserver la poche et la tubulure, déclarer en hémovigilance.
Oxygénothérapie, sondes et alimentation entérale
Oxygène (sur prescription, débit et cible de SpO₂) : lunettes nasales jusqu’à environ 5 L/min ; masque simple au-delà ; masque à haute concentration (avec réservoir gonflé) de 10 à 15 L/min. Pas de corps gras sur le visage, pas de flamme ni de tabac à proximité, bouteilles arrimées.
Sonde urinaire : pose en asepsie, système clos, sac toujours sous le niveau de la vessie et sans contact avec le sol, toilette quotidienne, réévaluation chaque jour de l’indication.
Sonde nasogastrique : mesure de la longueur (nez – lobe de l’oreille – appendice xiphoïde), vérification de la position par radiographie de référence pour une alimentation, ou par le pH du liquide aspiré (≤ 5,5) selon le protocole. L’insufflation d’air à l’auscultation n’est pas fiable. Repère de longueur noté et vérifié avant chaque utilisation.
Alimentation entérale : patient en position demi-assise (au moins 30°) pendant et 1 heure après, rinçage de la sonde avant et après chaque administration, surveillance de la tolérance (vomissements, diarrhée, ballonnement).