Révisions IFSIpour les étudiants en soins infirmiers

Référentiel 2026 · S1, S2, S3, S5 · UE A.1

Fondamentaux des sciences infirmières et raisonnement clinique

22 flashcards19 questionsMeilleur quiz : –

Contenus communs avec l’ancien référentiel : UE 3.1, UE 3.2, complétés par des contenus propres à la réforme. Identité infirmière, recueil de données, diagnostic infirmier, raisonnement clinique en situations simples puis complexes.

La démarche de soinsUE 3.1

La démarche de soins est une méthode de résolution de problèmes appliquée à la personne soignée. Elle comporte cinq étapes :

  1. Recueil de données : informations objectives (constantes, observations) et subjectives (ce que dit le patient), auprès du patient, des proches, du dossier, de l’équipe.
  2. Analyse et identification des problèmes : diagnostics infirmiers et problèmes en collaboration.
  3. Planification : objectifs et interventions.
  4. Réalisation des interventions.
  5. Évaluation : les objectifs sont-ils atteints ? Réajustement.

C’est un processus continu et cyclique, centré sur la personne et non sur la maladie.

Le modèle de Virginia HendersonUE 3.1

Pour Henderson, le rôle infirmier est d’aider la personne, malade ou en santé, à accomplir les activités qui contribuent à sa santé, qu’elle accomplirait seule si elle en avait la force, la volonté ou les connaissances. Elle décrit 14 besoins fondamentaux :

  1. Respirer
  2. Boire et manger
  3. Éliminer
  4. Se mouvoir et maintenir une bonne posture
  5. Dormir et se reposer
  6. Se vêtir et se dévêtir
  7. Maintenir sa température corporelle
  8. Être propre et protéger ses téguments
  9. Éviter les dangers
  10. Communiquer
  11. Agir selon ses croyances et ses valeurs
  12. S’occuper en vue de se réaliser
  13. Se recréer (se divertir)
  14. Apprendre

Pour chaque besoin, on distingue les manifestations d’indépendance et de dépendance, et les sources de difficulté : manque de force, de volonté ou de connaissances.

Diagnostics infirmiers et problèmes en collaborationUE 3.1

Le diagnostic infirmier (taxonomie NANDA-I) est un jugement clinique sur une réaction de la personne à un problème de santé, que l’infirmier peut traiter dans son rôle propre. Il se formule selon la structure PES :

  • P : problème (intitulé du diagnostic) ;
  • E : étiologie, introduite par « lié à » ;
  • S : signes et symptômes, introduits par « se manifestant par ».

Exemple : Mobilité physique réduite liée à la douleur postopératoire se manifestant par un refus de se lever et une EN à 7/10.

Types : diagnostic actuel (avec signes), de risque (« risque de… lié à… », sans signes), de promotion de la santé.

Le problème en collaboration (ou risque de complication) relève du traitement médical : l’infirmier surveille, dépiste et applique les prescriptions. Exemple : risque d’hémorragie lié à l’intervention chirurgicale.

Objectifs et interventionsUE 3.1

Un objectif est formulé pour le patient, avec un verbe d’action observable, et suit la règle SMART : Spécifique, Mesurable, Atteignable (acceptable), Réaliste, Temporel.

Exemple : « Mme X marchera jusqu’à la salle de bain avec son déambulateur, accompagnée, d’ici J3. »

Les interventions découlent de l’étiologie : agir sur la cause du problème. Elles sont précises (quoi, quand, comment, qui) et argumentées.

Transmissions cibléesUE 3.1

Les transmissions ciblées organisent l’écrit autour d’une cible (préoccupation, changement d’état, événement) et de trois rubriques :

  • Données : ce qui est observé ou exprimé ;
  • Actions : ce qui a été fait ;
  • Résultats : l’effet des actions, l’évolution.

Exemple — Cible : Douleur. D : plainte de douleur abdominale, EN 6/10, faciès crispé. A : installation en décubitus, paracétamol 1 g IV selon prescription à 14 h. R : EN 2/10 à 14 h 45.

La macrocible fait la synthèse à l’entrée, à la sortie ou lors d’un changement important. Les transmissions orales structurées utilisent souvent la méthode SAED (Situation, Antécédents, Évaluation, Demande), recommandée par la HAS.

Du projet de vie au projet de soinsUE 3.2

Le projet de vie appartient à la personne : ce qui compte pour elle, ses habitudes, ses souhaits. Le projet de soins est construit avec elle et l’équipe pour l’aider à atteindre ses objectifs de santé dans le respect de ce projet de vie.

Le projet de soins infirmiers découle de la démarche clinique (UE 3.1) : problèmes identifiés, objectifs, interventions, évaluation. Il est individualisé, négocié avec le patient (décision partagée), écrit dans le dossier et réévalué.

Il s’inscrit dans le projet de soins interdisciplinaire (médical, rééducation, social, diététique).

Outils de planificationUE 3.2

  • Dossier de soins infirmiers : recueil de données, diagnostics, planification, transmissions, traçabilité des soins et des traitements. C’est un document légal.
  • Planification murale ou diagramme de soins : visualisation des soins sur 24 h.
  • Plans de soins guides et chemins cliniques : déroulement attendu pour un type de patient (ex. prothèse de hanche), à individualiser.
  • Feuille de route de l’infirmier pour organiser sa journée.

Préparer la sortieUE 3.2

La sortie se prépare dès l’entrée : conditions de vie, entourage, autonomie, besoins en aides.

  • Coordination avec la ville : médecin traitant, infirmier libéral, kinésithérapeute, pharmacien.
  • Dispositifs : HAD, SSIAD, SAAD, programmes de retour à domicile de l’Assurance maladie (PRADO), assistante sociale.
  • Documents : lettre de liaison, ordonnances, rendez-vous, éducation du patient et de l’aidant.

La consultation infirmièreRéforme 2026

La loi du 27 juin 2025 et le décret du 24 décembre 2025 reconnaissent explicitement la consultation infirmière. Elle comprend une évaluation clinique, l’élaboration d’un diagnostic infirmier et d’un plan de soins personnalisé.

  1. Accueil et motif de consultation, consentement.
  2. Recueil de données : antécédents, traitements, mode de vie, contexte social, attentes du patient.
  3. Examen clinique infirmier : constantes, observation, évaluation de la douleur, de l’état cutané, de l’autonomie, de l’état nutritionnel, des fonctions urinaire et cognitive selon le motif, avec des échelles validées.
  4. Raisonnement clinique : hypothèses, diagnostics infirmiers, repérage des signes d’alerte qui relèvent du médecin.
  5. Plan de soins négocié : interventions, éducation, prescriptions dans le champ infirmier.
  6. Orientation vers le médecin ou un autre professionnel si nécessaire.
  7. Traçabilité et information du médecin traitant.

Ce que l’infirmier peut prescrireRéforme 2026

L’arrêté du 26 juin 2026 (JO du 27 juin 2026) fixe la liste des produits et examens que l’infirmier peut prescrire ou renouveler :

  • Antalgiques de palier I, y compris comme antipyrétiques, et adaptation des posologies prévues par une prescription initiale.
  • Vaccins : tous ceux du calendrier à partir de 11 ans (sauf vaccins vivants chez l’immunodéprimé), avec formation spécifique et déclaration à l’Ordre ; grippe à partir de 11 ans ; Covid-19 à partir de 5 ans.
  • Plaies : solutions stériles, pansements et dispositifs médicaux.
  • Examens biologiques et bactériologiques standards.
  • Sevrage tabagique : substituts nicotiniques.
  • Santé sexuelle : renouvellement des contraceptifs oraux jusqu’à 6 mois, avec la mention « Renouvellement infirmier ».

Les opioïdes, les antibiotiques et les autres médicaments restent hors de ce champ, sauf protocoles de coopération ou pratique avancée.

Rédiger une prescriptionRéforme 2026

  • Identification du prescripteur : nom, prénom, qualité, numéro RPPS, adresse, signature.
  • Identification du patient : nom, prénom, date de naissance, sexe ; poids si nécessaire (enfant).
  • Date.
  • Produit en DCI, dosage, forme, posologie, voie, durée ou quantité.
  • Prescription lisible, sans abréviation ambiguë, sur ordonnance papier ou numérique.

Prescrire engage la responsabilité de l’infirmier : il vérifie les contre-indications, les allergies, les interactions et les doses déjà prises (paracétamol notamment), informe le patient et assure le suivi.

Savoir orienterRéforme 2026

La consultation infirmière s’inscrit dans un parcours coordonné avec le médecin traitant. L’infirmier oriente sans délai en cas de signe de gravité ou de situation hors de son champ :

  • signes de détresse vitale (ABCDE) ;
  • fièvre chez un patient immunodéprimé, nourrisson fébrile, fièvre persistante sans cause ;
  • douleur thoracique, déficit neurologique, douleur abdominale aiguë ;
  • plaie infectée avec signes généraux, suspicion d’ischémie ;
  • douleur non soulagée par le palier I ;
  • doute diagnostique.

L’orientation est tracée et transmise de façon structurée (SAED).